Commis d’office de Hannelore Cayre
Les Plus:
Un film sobre et très réaliste sur l'univers du droit et de la procédure pénaleLes Moins:
La partie fictionnelle beaucoup trop théâtrale et convenue
Avec un budget proche de la facture de téléphone de Gégé Abrams (ou les salaires de tous les acteurs réunis dans son dernier film), Commis d’Office est sorti sur les écrans le 6 mai. Produit par Arte, il nous amène dans l’univers légèrement méconnu en France des avocats commis d’office, ceux qui défendent les gens qui n’ont pas les moyens.
Ce premier film de Hannelore Cayre repose donc entièrement ou essentiellement sur les épaules de Roschdy Zem, très à l’aise dans la robe d’avocat, qui tente de faire son métier dans cet univers où se cotoient autant les avocats riches que les pauvres.
Dans ce Commis d’Office, Antoine Lahoud (Roschdy Zem), la quarantaine, est un avocat spécialisé en droit pénal, enthousiaste mais relativement déçu par le milieu professionnel. Il traîne ainsi son âme de bon samaritain de commissions d’office en dossiers minables. C’est là, à l’occasion d’une plaidoirie, qu’il est « remarqué » par Henry Marsac, un avocat à la réputation sulfureuse, l’antithèse de Lahoud.
Marsac l’engage à ses côtés dans la défense des gros truands et le fait goûter aux fruits de sa prospérité : restaurants, voitures de luxe, argents de poche conséquent. Lahoud ne mettra pas longtemps à comprendre que l’engouement soudain qu’il suscite chez son confrère est loin d’être désintéressé et qu’il le conduira derrière les barreaux, puisqu’il n’a pas été engagé pour ses compétences…
Commis d’Office se décompose en deux parties : une partie très proche d’un documentaire, où l’on se plonge dans l’univers du travail d’avocat, de l’intérieur1, et une deuxième un peu plus romancée qui tombe souvent à plat. Un profane pourra être ainsi immergé dans l’univers de la plaidoirie devant les juridictions pénales et voir, dans le métier d’avocat, un métier qui n’est pas forcément très rémunérateur. Ce quotidien de l’avocat commis d’office est donc assez représentatif d’une certaines partie de la profession.
C’est tout le problème de ce premier film, dont deux pourraient suivre si celui-ci rencontre son public: autant on est transporté par une première partie autant drôle par certains égards que par la réalité du métier, autant la seconde a déjà été vue et traitée de meilleurs façon. L’histoire n’étant pas d’une originalité brillante, puisque, même si je ne me souviens plus, je sais que je l’ai déjà vu quelque part. Et dès que j’aurais remis la main dessus, je vous en ferais part.
Toujours est-il que Commis d’Office manque cruellement de moyens, que ça se voit dans la mise en scène et que c’est un peu dommage. Nul doute qu’il connaîtra surement une seconde vie à la télévision, plus conséquente que celle, qui sera confidentielle. A moins que 300 000 personnes se ruent dans les salles. (chiffre qui valide un succès ou pas, en France). D’où ce petit billet puisqu’il serait assez intéressant de revoir Roschdy Zem dans cette peut-être trilogie au cinéma, même si celui-ci à tendance, notamment dans la seconde partie, à en faire des caisses, avec un jeu à la Jean-Paul Belmondo.
- on sent d’ailleurs toute l’expérience de la réalisatrice en la matière. [↩]











































