Jusqu’en enfer (Drag me to Hell) de Sam Raimi
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Sortie le 27 mai 2009
Jusqu’en enfer (Drag me to Hell) de Sam Raimi est un pur produit de série B, le réalisateur renouant avec ce qui avait fait sa fabrique tout au long de sa carrière, déjà longue, de metteur en scène. Ainsi, Jusqu’en enfer est drôle, ironique, pathétique par moment, furieusement frais et créant ainsi quelques dichotomie intéressantes avec le vrai cinéma ou le cinéma d’exploitation actuel (entendez par là, le cinéma bon marché pétri de bons sentiments et sans aucun recul sur lui-même).Christine Brown (Alison Lohman), spécialiste en crédit immobilier, vit à Los Angeles avec son petit ami, le Professeur Clay Dalton. Tout va pour le mieux jusqu’au jour où la mystérieuse Mme Ganush débarque à la banque et la supplie de lui accorder un crédit supplémentaire pour sa maison.
Christine hésite entre la compassion et la pression de son patron, Mr Hicks, qui la voudrait plus ferme avant de lui octroyer une promotion. Fatalement, Christine choisit sa carrière, même si sa décision met Mme Ganush à la rue.
Pour se venger, la vieille femme jette la malédiction du Lamia sur Christine, transformant sa vie en un véritable cauchemar. Hantée par un esprit malfaisant, incomprise de son petit ami, elle se fait aider du medium Rham Jas, qui l’entraine dans une course frénétique contre la damnation éternelle, pour inverser le sortilège…

Jusqu’en enfer commence comme un film classique d’une success story, c’est-à-dire que l’on suit le parcours d’une jeune fille qui souhaite monter dans la hiérarchie, une working girl moderne qui souhaite concilier un bon job avec un petit ami aimant (si tant est que l’on puisse utiliser cette expression). Mais tout ne se passe pas comme elle souhaite puisqu’avec l’intrusion de la gitane, les choses commencent de plus en plus à empirer.
Raimi, avec ce film, s’applique à démonter une à une les scènes classiques. Si quelque chose doit bien se passer, que cela soit dans un thriller standard ou une bonne comédie des familles, il fait tout ici pour que cela ne soit plus le cas. Cette volonté de couper court à tout formalisme récurrent amène le spectateur à être un peu dérouté, puisqu’il ne sait jamais sur quel pied danser, hormis bien entendu lorsqu’il s’agit ici de voir que le réalisateur, comme dans Darkman, a très bien digéré tout un pan du cinéma et qu’il puisse aller au delà.
Jusqu’en enfer est donc jouissif puisqu’on a envie qu’Alison Lohman souffre et tombe dans la déchéance. Ce plaisir est communicatif. Et jusqu’à la fin, cela sera le cas où, quelque soit l’action qu’elle entreprendra pour se sortir de ce guêpier, cela ne sera jamais courronné de succès. On sent que le réalisateur de Spiderman a souhaité s’amuser, que cet amusement est le fil conducteur du film, véritable petit OVNI cette année dans une industrie très marquée.
Drag me to Hell est donc une bonne surprise, qui ravira tous les fans du réalisateur ainsi que les amateurs de films d’horreur qui ont sû aller plus loin que les productions standardisées. Les mises en situations sont drôles, notamment celles avec le médium. La gitane, interprétée par Lorna Raver fait très peur et est complètement horrible. Et c’est son rôle qui peut justifier d’ailleurs le pied que l’on ressent avec ce film.
Jusqu’en enfer (Drag me to Hell) de Sam Raimi | Scénario de Sam et Ivan Raimi | Photographie de Peter Deming | Musique de Christopher Young | Avec Alison Lohman, Justin Long, Jessica Lucas, Lorna Raver, David Paymer, Dileep Rao, Sage Stallone, Reggie Lee | Etats-Unis | 2009 | 99 min. | Epouvante-horreur | Distribué par Metropolitan FilmExport | Crédit photographique : Metropolitan FilmExport



































