Le Soliste (The Soloist) de Joe Wright
Le Soliste (Soloist), nouvelle Å“uvre de Joe Wright est sensé nous montrer une histoire d’amitié entre un journaliste aux dents longues et un artistes schizophrène et paranoïaque. Lorsqu’on regarde ce film, tiré d’une histoire supposée vraie (enfin, on suppose que c’est le cas, vu le peu d’importance que l’on peut attacher à cette dernière) d’un livre de Steve Lopez, on se demande bien qui a pu pousser les producteurs à donner de l’argent, à moins de chercher un oscar.
Steve Lopez (Robert Downey Jr.) est dans une impasse. Le journal pour lequel il travaille est en pleine crise, son mariage est un échec et le temps où il aimait son métier de journaliste est bien loin.Après un accident de vélo, un jour, dans la rue, il entend de la musique. Un étrange vagabond, Nathaniel Ayers ( Jamie Foxx), joue de toute son âme, et même si son violon n’a que deux cordes, une émotion unique surgit. Pour Steve, l’étonnant violoniste est d’abord un bon sujet pour sa chronique, et il va peu à peu percevoir tout le mystère qui entoure ce personnage.
Le journaliste décide de sortir Ayers de la rue et de le rendre au monde de la musique. Alors qu’il s’acharne à sauver la vie de ce sans-abri hors norme, Steve Lopez se rend peu à peu compte que c’est finalement Ayers qui, à travers sa passion dévorante, son obstination à rester libre et ses tentatives courageuses pour nouer des liens avec les autres, va profondément le changer…
Vous avez lu le résumé du film? Vous avez vu le film. En effet, aucun élement supplémentaire ne vient émailler ce film taillé pour les oscars, où on louera la performance des deux acteurs principaux. Enfin, performance, on se trouve plutôt en face de deux acteurs qui font le métier, sans plus. En même temps, l’idée n’est pas non plus, je cherche toujours le mot, originale. Non pas originale. En fait, on s’en fout un peu. Oui, c’est ça. Leurs histoires d’amitié bien virile à travers la musique aurait pu toucher mais on sentait bien que cela ne suffirait pas, alors on rajoute des scènes, on parle des SDF, on parle de l’accident du journaliste au début qui n’a pas vraiment beaucoup d’intérêt pour le reste de l’histoire.
Le moment fort du film, la scène ou Ayers et Lopez en arrive aux mains manque cruellement de profondeur et de coeur. C’est là où, dans les films dramatiques, on peut voir ce qui sont capables du sublimer des personnages qui ont des problèmes psychologiques, physiques ou mentaux et ceux qui n’en sont pas capables. Tout le monde n’est pas Dustin Hoffman, pour son personnage dans Rain Man (encore que ça en était presque un super héros, avec sa faculté de lire les cartes de jeux) et encore moins Daniel Day-Lewis. Ici, c’est à peine survolé et le réalisateur (ou le romancier) n’a pas su, peut-être, tirer toute la portée des échanges entre les deux personnages.
Le Soliste est donc un film assez ringard dans son ensemble. Pathétique puisque jouant essentiellement sur une corde (pour un film musical, c’est un peu bancal), celle d’une émotion factice, il ne parvient pas à se détacher de ce qui le plombe vraiment : un manque cruel de fond au film et une mise en scène réellement prenante, qui nous aurait plongé dans l’univers torturé d’Ayers autant que dans l’univers feutré de Lopez et de voir réellement ce que pouvaient s’apporter ces deux personnages l’un pour l’autre.













































