Un prophète de Jacques Audiard
Un prophète, le dernier film de Jacques Audiard, après De battre mon cÅ“ur s’est arrêté, a été auréolé du Grand Prix au festival de Cannes lors de l’édition 2009. Comme souvent avec ses films, il est plus salué par la critique que par les spectateurs. En est-il de même avec ce « film de prison », au genre très codifié outre-atlantique ? Je dirais non, et ce, pour un très grand nombre de raisons.
Condamné à six années de prison, Malik El Djebena (Tahar Rahim) ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Son âge y pour beaucoup puisqu’il a 19 ans.
D’emblée, il tombe sous la coupe d’un groupe de prisonniers corses, dirigé par César Luciani (Niels Arestrup) qui fait régner sa loi dans la prison. Mais le jeune homme apprend vite. Au fil des » missions « , il s’endurcit et gagne la confiance des Corses.
Ainsi, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau…
Un jour, je serais gangster
http://www.youtube.com/v/vyOyUwwKgvc&hl=fr&fs=1
Un prophète – Trailer – 2009
Sans faire de détour, autant le dire tout de suite, Un prophète est un bon, voire un très bon film. Si De battre mon coeur s’est arrêté pouvait être un film de Bobo, c’est loin d’être le cas avec celui-là . Il a d’ailleurs un charme fou, ce film. Lorgnant du coté de Melville (oui, je sais, c’est à la mode de citer Melville à tout bout de champs, mais je vais expliquer pourquoi) comme de tous les films de prison, mais du coté américain, il serait un possible renouveau du polar/thriller, à la manière du diptyque de Brian De Palma Scarface/L’impasse (ou Carlyto’s way). En effet, il y a beaucoup de similitudes dans le parti pris entre les deux, notamment lors de certains scènes (la scènes de la caisse ou Malik flingue du monde est tout bonnement sublime et n’aurait rien à envier à bon nombre de film de genre).
Pour parler de ce film, Audiard parle de fiction et que ce n’est en rien la réalité. C’est vrai parce que ce film est un film de genre. Vous savez, les films qui n’ont pas bonne presse dans notre cher pays car pas vraiment assez intello, un peu trop fun par moment, mélangeant humeur et tragédie sans jamais donner de conseils ni d’améliorer une probable existence. Un prophète est de ce type, le film de genre. Mais celui qui lorgne sur le haut du panier. Sauf que tout ne se passe pas à gout de gunfight ou d’effet gore car il y a une ambiance un tantinet crédible dans cette mise en scène de la prison, comme il y en a une au niveau de la dope. D’ailleurs, depuis Go fast, on comprend un peu mieux comment la drogue arrive par chez nous. Et Audiard reprend cet élément dans son film. Mais le prohète tire son originalité par des choix de mise en scène que l’on retrouve souvent du coté des Etats-Unis : on nous présente les personnages, en écrivant leur nom. On nous présente également des situations en l’écrivant. Guy Richie, l’anglais, s’était amusé à le faire aussi, pour son Revolver mais c’était complètement raté et en devenait prétentieux. L’usage de l’écrit sur de la pellicule renforce plutôt l’intrigue et resserre les liens
Il est marrant de critiquer ce film et de la comparer au reste de la production française. Autant le scénariste original que le réalisateur, dont les vues étaient et sont toujours différentes quant au contenu réel de l’histoire, le second voulant que ses personnages soient attachant alors que le premier s’en foutait un peu, lorgnent bien plus du coté du cinéma américain que du cinéma français, d’où d’ailleurs le fait que De battre mon coeur s’est arrêté… soit un remake d’un film américain. Ainsi, ce cinéma hybride, mélange entre tradition française et US trouve son point d’encrage dans l’art de la narration. Car ce film est très bien écrit. Les mises en situation sont tour à tour crédible, romantiques par moment (on est dans le mythe du gangster quand même plutôt que dans une réalité froide et désincarné, ceci grâce à l’interprétation de Tahar Rahim et d’Adel Bencherif qui sont magistrales. Le premier arrivant autant à être tragique que comique selon les situations, mais également enfantin, naïf qu’un calculateur froid et distant. On pourrait d’ailleurs faire un parallèle avec American history X, non pas dans le font du sujet, mais les passages où sont traité de la prison, de son alliance avec des clans pour s’en sortir.
Car oui, la prison est une affaire de clan. ici, on en évoque deux: Les Corses et les arabes (mais on n’oublie pas les gitans, même s’il n’y qu’un representant). Cela a choqué parce que nous ne sommes pas habitué, dans notre cher pays, à des clivages basés sur des critères dît objectif liés à une appartenance sociale puisque nous sommes plus dans le phénomène de classes. Et c’est ici aussi que ce film puise plus vers l’étranger que chez nous.
D’ailleurs, ce qui frappe également dans Un prophète, c’est l’utilisation des langues. Ainsi, si on peut reprocher à Audiard, à tord, de stigmatiser des clans, c’est au contraire un moyen pour chaque clan d’avoir ses propres codes, à travers les langues. Ce procédé est d’ailleurs souvent utilisé dans les films « asiatiques » où pour s’identifier et se reconnaitre (de nombreux films pourraient émailler cela, mais un film en particulier joue à plein sur cette corde, c’est le Time And Tide de Tsui Hark), les membres d’une bande utilisent leur langues plutôt que celle dominante.
Ce procédé est peu utilisé en France puisque nous sommes sous le régime de l’intégration par la langue, alors que d’autres pays occidentaux ont admis qu’il pouvait y avoir plusieurs langues sur leur territoire sans que cela gène à la nationalité (Belgique, Suisse, Canada et dans une certaine et moindre mesure, les États-Unis où l’espagnol est autant utilisé que l’anglais dans certaines villes de la frontière). Ainsi, Les Corses parlent le Corses et les arabes, arabe. L’important étant ici et surtout de voir dans le personnage de Malik un mec qui s’adapte, à la manière d’un Antonio Banderas dans Le 13e Guerrier où il apprend le langage viking au contact de ses compagnons d’infortune.
La comparaison avec Melville tient à son univers purement masculin ou presque. Les femmes sont absentes, comme dans De Battre mon coeur s’est arrêté (d’ailleurs à ce propos ces chers « journalistes » du magazine Inrokutiples avaient taxé de misogyne lors de sa sortie, si ma mémoire est bonne) puisqu’elles sont au pire là pour satisfaire les hommes sur le plan sexuel sans aucune once de sentiment, au mieux pour faire des gamins et être des femmes aimantes silencieuses. On lorgne donc sur le polar noir, dont Melville était un successeur, Robert Wise et par exemple son Coup de l’escalier n’est pas très loin.
Ainsi l’univers carcéral n’est ici qu’un prétexte. Comme la famille en est un dans d’autres films du genre (Le parrain, Les Affranchis, Les Sopranos ect, ect). D’ailleurs dans le scénario original d’Abdel Raouf Dafri, il ne représentait qu’un tiers de l’action du film. Si Audiard s’en sert, c’est surtout pour montrer l’évolution d’un être, faible et sans défense, qui par abnégation et à force de prendre des coups, de subir des blessures physiques, que la caméra nous montre souvent, va non seulement se faire une place mais aussi une place en haut.
Et ce qui va le relever, c’est d’apprendre à lire et à écrire. La scène est d’ailleurs belle (j’aurais pu dire jolie mais je dirais belle, parce qu’elle m’a émue). En effet, elle est orchestrée par la musique lente au piano d’Alexandre Desplat, qui avait déjà établit le même genre de rythme sur De battre mon coeur et dont il est le compositeur attitré des films d’Audiard. Et cette musique, accompagnée au effets de caméra provoque un petit moment de flottement. Parce que c’est à ce moment que nous allons comprendre la métamorphose du héros, de victime d’un système, complètement abattu à quelqu’un qui va endormir son monde. Car il va apprendre la langue des corses. Il veut se faire une place parmi eux, qu’il n’aura vraiment jamais puisque « c’est un Arabe ».
Mais ce film joue également sur l’onirisme, le « divin ». En effet, comme un Labyrinthe de Pan joue sur le fantastique pour atténuer la violence de la guerre en Espagne, Un Prophète tire une partie de son charme sur les aspects irréels et magique de certains passages. Sans en dire plus, c’est ce qui donne un crédit supplémentaire à une Å“uvre qui au delà du film de prison, trouve sa propre partition.
Un Prophète mélange donc les genre, les situations, pour donner une crédibilité à une histoire qui aurait pu très vite tourner dans le pathos mais qui va dans le sens du film de gangster. Et le film de Gangster est passé de monde aujourd’hui. On admet plus et même, on conçoit très mal que des gens pour qui rien ne va puissent s’en sortir en étant dans la totale illégalité, mais également violents et amoraux (plutôt qu’immoraux, comme on pourrait le penser). Ce n’est évidemment pas un Scarface, le personnage de Tony Montana étant aux antipodes d’un Malik el Djebena, mais leurs histoires se rapprochent et se rassemblent. Si De Palma avait imaginé une suite à Scarface avec l’Impasse, on souhaiterait qu’Un Prophète en est une, pour voir suivre le parcours de ce type.
Un prophète de Jacques Audiard | Scénario de Jacques Audiard, Abdel Raouf Dafri, Nicolas Peufaillit et Thomas Bidegain sur une idée d’Abdel Raouf Dafri |  Photographie de Stéphane Fontaine | Musique d’Alexandre Desplat, musique additionnelle de Sigur Ros. | Avec Tahar Rahim (Malik El Djebena) , Niels Arestrup (César Luciani), Adel Bencherif (Ryad), Reda Kateb (Jordi le gitan), Hichem Yacoubi (Reyeb), Jean-Philippe Ricci (Vettorri) |













































Oué, c’est vrai que j’aurais dû préciser de quels films je parlais de Melville.
Pourquoi pas une suite, une vraie. Pas une en carton pâte. c’est possible de faire du aussi bon, surtout quand c’est l’impasse
Ah nan, il faut qu’il s’arrête là !!!! Pas de suite, par pitié…
Sinon, ouais, la comparaison avec Melville est pas mal, même si j’mettrai plus en avant le côté sobre de la mise en scène et des acteurs (tous excellents, putain, truc de ouf) plutôt que le type d’univers. (puisque toute la filmo de Melville est pas constituée de « films d’hommes ».)
‘fin, en tout cas, putain de film.
Ah bon, je suis si visible que ça.. mince alors.
Nan, j’maintiens qu’il vaut mieux laisser ce chef-d’oeuvre là où il est.(non, je ne mordrai pas à l’hameçon du débat sur brillant de palme :p)
pourquou ya pas ma foto !!!! *grosse colère*
Ben, je sais pas, pour dim, ça a marché…
Il faut surement aussi une photo moins grande.
Ah, je crois savoir :
le profil est pas cliquable dans les lecteurs du blogs. Il doit manquer un début de profil, donc pas d’image…
Je ne vois que ça comme explication…
(tin ça, c’est du bon flood sur un article, comme au bon vieux temps)
alors fait ouar comment ça apparait les fotos maintenant ?
ça marche po les fotos
Han, du coup elle en change de compte, tout ça pour le playmobil
Et ça a été dur..
Je vais faire un tuto … parce que déjà Amoth voulait laisser un commentaire hier mais il y arrivait pas.
Blogger:
de la merde.
Non, non, c’est très bien blogger, mieux que canalbog et overblog, et moins relou que wordpress( version blog, pas le reste).
comme si les sites communautaires, c’était pas relou quand tu connaissais pas
Et la lumière fut.. Non mais ça marche, c’est juste qu’on n’est pas gentil avec moi
** pars pleurer**
et
** pars trouver une formation de développeur **
voyons voir si pour moi ça marche..
bon c’est quand que je passe niveau 2 ^^
Dès que tu auras remplie ta galerie. Et laisser des commentaires sur 10 articles