Les Seigneurs d’Olivier Dahan
Les Plus:
Jean Pierre Marielle. Quelques gags qui font mouche.Les Moins:
Un casting digne des Enfants De la Télé ; de gros clichés sur les footballeurs.
Si des sports tels que la boxe, le baseball, le football américain et bien d’autres ont tous eu droit à leur grand film, le football, lui, niveau représentation cinématographique, fait figure de parent pauvre. Aucun long-métrage à ce jour n’a pu retranscrire correctement le jeu, la passion et l’esprit foot. Ce n’est pas aujourd’hui que les choses vont changer car Les Seigneurs est avant toutes choses un de ces produits typiques que le cinéma français envoie, à rythme régulier, envahir les écrans de l’hexagone, des Doms, des Toms et de toute la francophonie.
Les Seigneur est une comédie au casting composé de comiques parmi les plus populaires de l’industrie actuelle, auxquels on adjoint un vétéran qui assure, un regard gentiment critique sur un milieu populaire que le public aime vilipender, des bons sentiments, un message social, une ambiance terroir et, pour chapeauter tout ça, un metteur en scène césarisé venant gentiment pantoufler derrière l’objectif. La note d’intention est claire dès le départ : on ratisse large et on part à la pèche aux entrées. Pour le côté artistique, on verra plus tard. Toutefois, le film d’Olivier Dahan n’est pas aussi indigent qu’il n’en à l’air. Les Seigneurs narre les aventures d’une bande de footeux retraités qui rechaussent les crampons afin de relever un dernier défi : aider une petite équipe locale à réaliser un exploit en Coupe de France pour récolter de l’argent afin de sauver la conserverie locale menacée de déposer le bilan.
Forte de ce postulat de base, l’équipe de scénaristes s’inspire d’éléments et de joueurs réels afin d’étoffer, pas très finement il faut bien l’avouer, une trame narrative cousue de grosses ficelles blanches et plus que prévisible. En effet, les amateurs de foot s’agaceront rapidement du rassemblement de clichés populistes sur les footballeurs qui émaillent la première heure du récit. Heureusement, ces mêmes supporters s’amuseront aussi à retrouver les joueurs et les situations pastichés tout au long de l’intrigue. Omar Sy, par exemple, campe un Lilian Thuram plus vrai que nature, José Garcia compose un personnage dans la lignée des grands numéros 10 français issus de l’immigration tels que Raymond Kopa, Michel Platini ou Zinedine Zidane et l’anecdote sur le slip de Gad Elmaleh rappellera le bon souvenir de Robert Pirès qui portait toujours le même slip sous son short.
Nous ne sommes certes pas face à la plus grande comédie de l’année mais le produit fini n’est pas non plus honteux et s’avère très correctement emballé grâce notamment à une jolie photographie, dont les tons chauds sont parfaitement rendus par le Blu-ray d’une qualité technique plus que satisfaisante, et à des scènes de jeu plus lisibles que la moyenne. Malheureusement, la mise en scène de Dahan a une fâcheuse tendance à la paresse, le réalisateur use et abuse du steadicam, ce qui confère au film une petite touche télévisuelle. La meilleure idée de tout le film s’avère être son générique final plein de nostalgie et de drôlerie.
Mais ne chipotons pas, Les Seigneurs est une comédie, dont le but est avant tout de faire rire le spectateur et c’est parfois le cas. Mais parfois seulement. Certains gags font mouche, d’autres non. Certains acteurs sont drôles, tel Franck Dubosc qui tient parfaitement son rôle de benêt satisfait portant la crête ou Gad Elamleh qui tire le meilleur d’un personnage de joueur talentueux mais accablé par la pression inhérente à son statut. D’autres comédiens sont moins drôles, voire pathétiques et guère aidés par des personnages taillés à la serpe et un scénario attendu mais qui, par moments, parvient à transmettre quelques petites émotions. Enfin, comment ne pas évoquer le grand Jean-Pierre Marielle, véritable légende du cinéma français, impeccable dans le rôle d’un président de club à qui on ne la fait pas et qui illumine le film à chacune de ses apparitions.
Techniquement, le Blu-ray est de qualité très correcte, l’image est propre, le son est bien rendu, aucun problème à signaler de ce côté-là. Niveau bonus, point de révolution mais du contenu basique, outre les traditionnels bandes annonces et making of, le disque propose une pastille sur la tournée promotionnelle du film en Bretagne, un reportage de Thalassa sur le tournage du film à Molène et la présentation du film par les comédiens aux joueurs de l’équipe de France à Clairefontaine. À noter par ailleurs que le film est disponible en audio description.
Voila qui accompagne modestement un film vite vu et vite oublié devant lequel des familles entières se rassembleront devant leur poste lors de sa diffusion en prime-time sur TF1. Bref, Les Seigneurs est un caramel au beurre salé : c’est pas très fin, ça colle aux dents et c’est un peu lourd mais sur le coup ça passe tout seul.








































