Regarde Le Ciel de Aline
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Une pop colorée fraîche et bien huilée !:
Des redites qui finissent par lasser.
Fier du succès de son premier EP éponyme, le groupe Aline (Ex-Young Michelin) est sur le point de sortir son premier album au titre évocateur de la philosophie du groupe : Regarde Le Ciel. Une entrée fracassante sur le devant de la nouvelle scène française, ou une nouvelle déception pour Romain Gueret leader du groupe au passé tumultueux ?
À en croire les textes et les mélodies colorées d’Aline, on imagine aisément un quatuor dont la moyenne d’âge n’excède pas encore les 25 ans, qui à encore du temps et de beaux jours devant lui. Pourtant Romain Gueret (pour ne parler que de lui) a 36 ans et à vécu un parcours des plus chaotiques. Ex leader du groupe Dondolo qui n’a jamais vraiment connu les faveurs du public et des médias (2 albums sortis en 2007 et 2010), puis de Young-Michelin désormais Aline, Romain a traversé une période de doutes et a connu de nombreuses déconvenues. Pour l’anecdote, c’est avec le cinéma et la télé que ce dernier a réussi à arrondir ses fins de mois, avec notamment de la figuration pour Plus Belle la Vie ou encore Mesrine de Jean-François Richet . Un parcours atypique à notre époque où les maisons de disques font désormais preuve d’un jeunisme exaspérant. Contrairement à Aline, Romain Gueret n’en est pas à son premier exercice, reste à savoir si le groupe a appris de l’expérience de son leader.
Dans sa globalité, Regarde Le Ciel est empreint d’une grande nostalgie, les paroles teintées de frustration et de mélancolie fusionnent parfaitement avec la pop rayonnante qui l’accompagne. Aline use abilement de ses influences (The Cure, The Smiths, Motorama) tout en évitant de s’embourber dans les méandres du plagiat. Ainsi, le quatuor s’inscrit parfaitement dans cette nouvelle scène pop française resolument très eighties (Lescop, La Femme). Le groupe signe quelques perles qui n’auront aucun mal à trouver preneur (Les Copains, Deux Hirondelles, Regarde Le Ciel et la tubesque Je Bois et puis je danse). Cependant, et bien que très cohérent, cet album reste très inégal.
En effet, on pourra reprocher à ce premier opus sa trop grande homogéneité qui nous perd par moment, quand il ne nous fait pas décrocher complètement (Il Faut Partir, Elle Et Moi). Les mélodies se suivent et se répètent et ne parviennent pas tout le temps à capter l’attention de l’auditeur. Un constat corroboré par le bilan que fait le groupe de ce premier album « Le seul morceaux qui tranche dans notre répertoire c’est Je Bois et puis je danse parce qu’il a été réalisé à la toute fin du processus » avoue Romain Gueret, mais « C’est un titre qui ouvre de nouvelles perspectives à Aline »1 rajoute Arnaud Pilard.
Un (autre) premier album imparfait donc, mais si l’on en croit Arnaud Pilard, le second pourrait enfin être le bon. Quelques nuages subsistent encore au-dessus de la belle Aline mais si l’on regarde bien, la lumière n’est plus très loin.
- Propos tenus dans Magic n°168 janvier 2013 [↩]






























